Aujourd’hui, Bank Al-Maghrib doit tenir son troisième Conseil de politique monétaire de l'année. Il n’y aura pas de point presse d’Abdellatif Jouahri pour cause de neutralité électorale, c’est le terme employé mais la grande question demeure : le taux directeur va-t-il rester à 2,25 %, son niveau depuis mars 2025 ? À première vue, les conditions pourraient plaider pour une nouvelle baisse : l'inflation est devenue extrêmement faible, avec des prix à la consommation en recul de 0,6 % sur un an en juillet, tandis que la croissance marocaine reste solide, à 4,8 % au deuxième trimestre. Mais depuis juin, un autre élément est venu compliquer l'équation : le contexte international. La facture des importations augmente fortement, les prix de l'énergie restent sous surveillance et la Réserve fédérale américaine vient de relever ses taux, tandis que les risques d'inflation importée se renforcent.
Dans le même temps, le crédit bancaire aux entreprises progresse de 11 % sur un an et les crédits à l'équipement de 18 %. Autrement dit, le financement de l'économie ne semble pas aujourd'hui à l'arrêt. Alors, faut-il encore baisser le taux directeur pour soutenir l'investissement et l'emploi ? Ou Bank Al-Maghrib doit-elle désormais conserver ses marges de manœuvre face aux risques extérieurs ?
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Bilan de campagne : les partis ont-ils répondu aux attentes des Marocains ?
Dernières heures de campagne avant les élections législatives. Depuis le 10 septembre, les partis politiques ont multiplié les meetings, les déplacements sur le terrain, les prises de parole dans les médias et, de plus en plus, les campagnes sur les réseaux sociaux. La campagne officielle s'achève ce soir à minuit, avant le scrutin de demain qui doit désigner les 395 députés de la Chambre des représentants. Au fil de ces douze jours, plusieurs thèmes se sont imposés : l'emploi, le pouvoir d'achat, la santé, l'éducation, la jeunesse, mais aussi l'entreprise, le numérique, l'intelligence artificielle, la mobilité ou encore la moralisation de la vie publique. Les programmes ont aussi fait apparaître de nombreuses promesses chiffrées : création d'emplois, première expérience professionnelle, soutien aux jeunes entreprises, formation, investissements, réduction du chômage. Sur l'emploi, par exemple, plusieurs formations ont placé la barre autour du million de postes, avec des dispositifs très différents pour tenter d'y parvenir. Mais derrière cette profusion de propositions, une question demeure : les partis ont-ils apporté des réponses suffisamment précises aux principales fractures du Maroc, notamment celles qui touchent les jeunes, les femmes et les territoires ? Et surtout, au-delà des promesses de campagne, quelles sont les grandes questions économiques et sociales qui resteront sur la table au lendemain du scrutin ?
Invités: Saïd Youssef, Professeur à l’Université Hassan 2 de Casablanca, expert consultant international membre de l’Ordre Mondial des Experts Internationaux (OMEI) et Mostapha El Jai, professeur universitaire à l'Université Hassan II de Casablanca et conseiller auprès du Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l'Innovation.